Deux semaines après mon retour de Copenhague, j’ai voulu me repencher sur ce sommet avec un peu de recul. Au départ, je partais confiante. Si, si, je vous assure. D’ailleurs quand on me posait la question « Qu’attends-tu de ce Sommet ? » ou « Es-tu optimiste ? », je répondais que oui, je restais optimiste. Sinon, à quoi bon de partir deux semaines à 900 km au nord, alors que des gens « normaux » auraient pris deux semaines de congé pour partir à 900km au sud, loin de Bruxelles mais plus proche du soleil.
Cop 15 nième tentative de compréhension
Hopenhague, qu’ils disaient. Il faut savoir que partout dans les rues de Copenhague des messages forts d’espoir arboraient les rues, les stations de métro, les façades de magasins. Tout était fait pour qu’on y croie. Cependant, Hopenhagueest passé et c’est Flopenhaguequ’on retiendra.
Suis-je toujours si optimiste ? Oui. Néanmoins, je reste dubitative face au blocage politique. Qu’est-ce qui bloque ? Les faits sont pourtant bien là. Les chiffres aussi. Et tout le monde aime les chiffres, non ? Dans les jours qui ont suivi la Cop15 les réactions ont fusé. Les scientifiques grinçaient des dents, on a l’impression qu’ils se retenaient. J’ai par ailleurs toujours admiré leur calme. D’autres se seraient déjà fâchés, auraient gueulé, déchiré leurs notes, jeté d’un geste spontané et nerveux leur verre d’eau à la figure du présentateur tv. Mais le scientifique reste calme, impassible. Niveau pollution sonore, à Copenhague comme ailleurs, la société civile avait pris le relais. Il y a deux semaines, les ONG, les jeunes, les syndicats hurlaient à s’arracher les poumons dans le froid danois. Comme pour crier ce que les scientifiques leur soufflaient à l’oreille. Ils le criaient à ceux qui ne voulaient toujours pas l’entendre. “There is no Planet B“!
Des cris et des chiffres. Attention, loin de moi l’idée de dénoncer ces deux attitudes, je ne critique ni le calme ni l’hystérie, je tente juste de comprendre. Comprendre quelle est la meilleure stratégie ? Qui est le plus écouté, le plus entendu ? Sans doute faut-il un peu des deux : un peu de cris, un peu de chiffres. En attendant, ça bloque toujours, mais où ?
Et si ça bloquait au niveau de l’écoute, au niveau du récepteur. La faute aux politiques donc! Ha, voila, c’était pourtant si facile, j’aurais pu y arriver toute seule ! Merci. Oui, c’est la faute aux politiciens. C’est à eux que s’adressent les slogans et les grincements de dents. Ils ont peur de prendre des mesures contre le changement climatiques car s’ils les prennent, ils ne seront plus réélus. « Change the Politics, not the Climate » disait l’un des slogans à la manif de samedi 12 décembre dernier. Mais un homme ou une femme politique courageux ça ne fait pas long feu, c’est bien connu ! Et nous voila face à un nouveau blocage.
Mais le bocage est-il uniquement politique ? N’est-ce pas notre faute à tous ? Politiciens, non politiciens, jeunes, moins jeunes, syndicalistes, anarchistes, lobbyistes ? Nous avons tous autant que nous sommes une responsabilité et par conséquent, nous devons tous agir afin de faire bouger les choses.
C’est donc à nous, tous, d’initier ce changement. Et mon optimisme vient de là je pense. Si nous devions attendre qu’Obama, Sarko, Hu, Hugo, Paul et les autres se chargent de tout régler pour la planète, nous aurions le droit d’être pessimiste. Car nous pourrions attendre la Cop115 pour se rendre comptent que les scientifiques ne grincent plus des dents, que les jeunes ne crient plus dans les rues. Et de fait, il n’y aura plus de scientifiques, encore moins de jeunes hurlant dans les rues et si cela se trouve, même plus de rues. N’ayons pas peur de ce changement, on le surestime bien trop souvent. Si l’on agit vite, dès aujourd’hui, ça sera même plus facile. Je vous le promets, il n’y aura pas de retour au Moyen Age, pas de manivelle pour faire fonctionner la Tv, pas de douche à l’eau froide, pas d’interdiction de manger de la dinde à Noël car le monde entier sera devenu végétarien par obligation. Rien de tout cela, promis.
Nous sommes à présent en 2010, l’année de la Cop 16. Aiguisons donc les dents des scientifiques et continuons à crier à l’oreille de nos hommes et femmes politiques. Crions mais agissons surtout. Tout reste possible. Et oui, je reste optimiste.
Laurence Willemse






